Manifestations

ARCHIVES DE L’ANNEE 2009`


 

Exceptionnel au MAHJ le dimanche 6 décembre à 19h30 :

Avec
Karen Gershon Sharhon, voix
Izzet Bana, voix
Selim Hubesh, oud, guitare
Yavuz Hubesh, qanun, oud, percussions.

Le groupe Los Pasharos Sefaradis est à l’origine de la « renaissance » de la musique sépharade turque, grâce aux recherches effectuées par ses membres depuis 1978 sur la langue et la musique de leurs ancêtres. Ils font partie de la dernière génération des Sépharades turcs parlant le judéo-espagnol et tendent à restituer au plus près l’authenticité des paroles et de la musique dans leurs interprétations. Avec six albums réalisés, ils comptent à ce jour un répertoire de plus de 400 chansons et contribuent à l’enrichissement de la culture sépharade, en composant de nouvelles chansons en judéo-espagnol.

Voir détails sur www.cordoueconfluences.org

 

Saison de la Turquie en France :

Dans le cadre de la Saison de la Turquie en France (juillet 2009-mars 2010), l e Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme, une exposition qui retrace le parcours de la famille Camondo, de Constantinople à Paris, du XIXe siècle naissant et leur fin tragique en 1945.

Cette exposition, réalisée grâce à des prêts accordés par les institutions héritières des legs Camondo, montrera des archives familiales du musée Nissim de Camondo , des peintures du musée d’Orsay , des œuvres du musée Guimet et du musée du Louvre .

« De Constantinople à Paris, banquiers et philanthropes « 

La banque Camondo est fondée à Constantinople en 1802 par Salomon-Jacob Camondo et ses fils, Isaac et Abraham-Salomon. En 1832, à la mort d’Isaac, Abraham-Salomon hérite de la banque. Il édifiera l’une des plus grandes fortunes de l’Empire ottoman et sera secondé, à partir des années 1850, par ses petits-fils Abraham-Béhor et Nissim.

Banquiers des vizirs, les Camondo participent au développement économique de la Turquie. Philanthropes, ils sont soucieux de s’investir fortement au sein de la communauté juive ottomane. Admirateurs des Lumières, ils veulent faire entrer les juifs de l’Empire dans la modernité par l’éducation et créent la première école juive enseignant les matières profanes en français et en turc. En 1864, ils co-fondent le comité régional de l’Alliance israélite universelle à Constantinople.

En 1865 ils adoptent la nationalité italienne et s’engagent, par des dons généreux, dans la réunification menée par Victor Emmanuel II. Leur action leur vaudra d’être anoblis. En 1869-1870, la famille émigre à Paris et y transfère le siège social de la banque qui prend part à de nombreux projets tel le financement du canal de Suez. En 1872, les Camondo choisissent d’habiter la plaine Monceau.

Isaac et Moïse de Camondo

Les deux cousins Isaac et Moïse de Camondo, arrière-petits-fils d’Abraham-Salomon vont devenir des mécènes de la culture française. À sa mort, Isaac de Camondo (1851-1911) lègue ses collections au Louvre : faïences, peintures, dessins et mobilier français du XVIIIe ; chefs-d’œuvre impressionnistes – parmi lesquels Le Fifre de Manet, Les Repasseuses de Degas, la série des Cathédrales de Rouen de Monet ou encore La Maison du pendu de Cézanne ; art d’Extrême-Orient dont 418 estampes japonaises ; cabinet de sculptures du Moyen Âge et de la Renaissance. Compositeur de musique, mécène des musiciens, il participe à la vie de l’opéra et de l’opéra comique et contribue à la création du Théâtre des Champs-Élysées qui ouvre en 1913. De son côté, son cousin Moïse (1860-1935) lègue dès 1924 son hôtel particulier du 63 rue de Monceau et ses collections à l’Union des arts décoratifs afin d’honorer la mémoire de son fils Nissim, aviateur français tué au combat en 1917.

En 1936, un an après la mort de Moïse, le musée Nissim de Camondo est inauguré. Durant la Seconde Guerre mondiale, la fille de Moïse, Béatrice, son mari Léon Reinach et leurs deux enfants sont assassinés dans les camps nazis. Cette tragédie met fin à la dynastie des Camondo. »

Présentation de l’exposition par le M.A.H.J

Hotel de Saint-Aignan 71 rue du Temple 75003 Paris
Tél : 01 43 01 86 53

Liens :
http://www.mahj.org/

http://www.saisondelaturquie.fr/

 

Le DVD « Sépharades d’ici »

Chers Amis,

Nous avons le plaisir de vous proposer d’acquérir le film du réalisateur Axel Clévenot tourné dans « Le Quartier » du 11ème en mai 1991. Vous trouverez, en pièces jointes, un descriptif du reflet de l’ambiance qui régnait dans la salle lors de la projection et le bon de commande du ou des DVD. Cette projection fut un moment privilégié et reste un témoignage important de la vie de notre communauté.

Cordial shalom.
Pour le Conseil d’Administration.
Claire

Chers Amis,

Nous avons le plaisir de vous proposer d’acquérir le film du réalisateur Axel Clévenot tourné dans « Le Quartier » du 11ème en mai 1991. Vous trouverez, en pièces jointes, un descriptif du reflet de l’ambiance qui régnait dans la salle lors de la projection et le bon de commande du ou des DVD. Cette projection fut un moment privilégié et reste un témoignage important de la vie de notre communauté.

Cordial shalom.
Pour le Conseil d’Administration.
Claire

CENTRE CULTUREL POPINCOURT
« al syete » la maison judéo espagnole à Paris

Chers amis,
La projection « SEPHARADES D’ICI » a eu lieu le mardi 26 mai 2009 à la « Maison de la culture du Yiddish », passage St Pierre Amelot 75011 Paris où nous avons été accueillis avec amitié et chaleur.

La salle de réunion nous attendait, fin prête, les chaises disposées, les tables du buffet préparées ; il ne nous restait plus qu’à disposer nos douceurs et la vijna, annoncés sur l’invitation.

Nous attendions gentiment du monde, mais déjà avant 17h., heure de la projection annoncée, nos amis arrivaient… arrivaient… pour finir par représenter près de 100 personnes ! Toutes les cultures juives étaient présentes, yiddish, sépharade et judéo-espagnole, bien sûr. La joie des uns et des autres de se revoir, de se redécouvrir, faisait flotter dans la salle une atmosphère familiale et chaleureuse. Nous avons lancé le film et la vie du quartier, filmée en 1991, a défilé devant nous.

Des « acteurs » de ce film étaient présents parmi nous, Pr Haïm Vidal Sephiha, René Benbassat « ijo de Bouco », Robert Mitrani et Serge Vormes, Ils nous ont fait le plaisir ensuite d’être présents sur l’estrade ; là, Robert Mitrani à rappelé que, même sans beaucoup d’argent, « Bouco » restaurateur, le père de René, recevait les nôtres avec générosité, souvent ils signaient simplement leur note ; Haïm Vidal Sephiha a roppelé que ses parents s’étaient unis à Paris « Le Jeudi 14 Mai 1914, à la Synagogue Orientale de Paris, 7, rue Popincourt ». Nos « acteurs » ont évoqué des souvenirs et nos amis, dans la salle posaient aussi beaucoup de questions

Les Judéo Espagnols qui n’habitaient pas le quartier ont découvert une vie autre, nos amis ashkénazes également ont pénétré dans un « Quartier » qu’ils connaissaient peu. La demande a été de renouveler de telles réunions. Pour ceux d’entre vous qui n’ont pas pu assister à cette projection, et qui le regrettent, nous avons obtenu l’autorisation de diffuser le film au sein de notre association. Le coût du film (DVD et transfert du film) est de 5 €, les frais postaux sont de 2 €. Si vous êtes intéressés, faites vous connaître, soit par courrier soit par courriel.
Ne pas oublier, nous souvenir ensemble, c’est encore mieux !

Le Conseil d’Administration
Juin 2009.

JOURNEES HOMMAGE A BERNARDO ROLLAND y MIOTA

Aki Estamos, Al Syete, Casa Sefarad, JEAA (Judéo-espagnols à Auschwitz), Synagogue Don Isaac Abravanel, UISF, Vidas Largas, La Lettre Sepharade

Vous invitent à :

DES JOURNEES D’HOMMAGE A BERNARDO ROLLAND y MIOTA
Consul Général d’Espagne à Paris de 1939 à 1943

Par son action acharnée, souvent contre la volonté de sa hiérarchie, le Consul Bernardo Rolland y Miota protégea la communauté judéo-espagnole de France. Il réussit à sauver des dizaines de personnes persécutées par la barbarie nazie. Son action courageuse, déterminée et juste irrita les autorités d’occupation qui obtinrent son rapatriement à Madrid.

PROGRAMME

SAMEDI 29 NOVEMBRE 8h30-12h

Shabbat Ladino à la Synagogue Don Isaac Abravanel
84 rue de la Roquette 75011 Paris
Un hommage solennel à la mémoire du Consul sera prononcé en présence de son fils Guillermo Rolland y Lavillion

DIMANCHE 30 NOVEMBRE 14h30-17 h30

Après-midi commémorative à la Synagogue Don Isaac Abravanel
84 rue de la Roquette 75011 Paris

14h30 accueil par le Président de la communauté Don Isaac Abravanel, Serge Benhaïm
Discours du Consul Général d’Espagne Carlos Carderera Soler
Discours d’une personnalité de la Communauté

15h projection du film « Conserver la mémoire » d’Arancha Gorostola

16 h Discours de Guillermo Rolland Lavillion,

16h30-17h30 visite de l’exposition « un homme face à sa conscience » et pot de clôture offert par la Synagogue Don Isaac Abravanel

LUNDI 1er DECEMBRE à 14 heures

Inauguration au Consulat d’Espagne, 165 bd Malesherbes, 75017 Paris
d’une plaque consacrée à la mémoire du Consul Bernardo Rolland y Miota
Avec le soutien de : Adath Shalom, Centre Communautaire de Paris, MJLF
(Mouvement Juif Libéral de France),

BERNARDO ROLLAND Y DE MIOTA

Consul Général d’Espagne à Paris de 1939 à 1943
Cónsul General de España en Paris de 1939 a 1943
Konsolo Jeneral de Espanya en Paris dezde 1939 hasta 1943
Hommage des Judéo-Espagnols de France pour son action courageuse, déterminée et juste
N’écoutant que sa conscience, Bernardo Rolland y Miota les protégea et sauva nombre d’entre eux de la barbarie nazie,

Homenaje de los Judeo-Españoles de Francia
por su actuación valerosa, decidida y justa
Obedeciendo únicamente a su conciencia,
Bernardo Rolland y de Miota les protegió y salvo a muchos de ellos de la barbarie nazi

Omenaje de los Djudeo-Espanyoles de Fransia
Por su aksion korajoza, veluntaria i djusta.
Ovedesiendo a su konsiensia, Bernardo Rolland y Miota los
Mamparo i salvo munchos de eyos de la barbariya nazista

 

Chabbat à la Synagogue Don Isaac Abravanel

Un office en Judéo Espagnol célébré à la synagogue Don Isaac Abravanel à Paris 11ème

Dans le creuset d’origines diverses qui caractérisait la communauté des Juifs d’Egypte entre 1870 et 1960, il y avait une minorité que nous appelions les « ladinos », qui parlaient souvent une langue que nous croyions être de l’espagnol et qui avaient des préparations culinaires qui leurs étaient propres. Mais ce n’était qu’une « minorité au sein d’une minorité » et le cosmopolitisme bien caractéristique et la diversité des origines nationales qui régnait au sein de la communauté des Juifs d’Egypte était telle que pour ceux qui n’en faisaient pas partie, ces Juifs hispanisants se fondaient dans le reste de la Communauté et ne s’en distinguaient pas. Et pourtant, ils avaient des origines diverses : Turquie, Iles de Rhodes et de Corfou, la Bulgarie etc. et le Judéo espagnol qu’ils parlaient devait sans doute être différent d’un groupe à l’autre.

C’est donc avec beaucoup d’anticipation et au nom de l’AJOE

que je me suis rendu à l’invitation de Claire Romi, la responsable du Centre Culturel Popincourt (la maison Judéo espagnole à Paris) pour assister à un office du Shabbat en Judéo espagnol. J’ai pensé que nos amis et membres de l’AJOE souhaiteraient que j’en fasse un compte rendu.

Samedi 24 novembre 2007 a été un évènement rare dans la vie de la synagogue Don Isaac Abravanel de la rue de la Roquette à Paris. Une synagogue datant des années 60, discrète de l’extérieur et en retrait de la rue, mais magnifique de l’intérieur.

En effet, en présence du maire de l’arrondissement et de plusieurs autres personnalités, l’office du Shabbat a été célébré en Hébreu et en Judéo-espagnol, dans une synagogue remplie à craquer, tant dans les rangs des messieurs qu’à l’étage des femmes. Le Rabbin Haïm Soudry et le Cantor Armand Benamou officiaient pendant le service.

Comme certains de nos lecteurs le savent (mais que j’avoue avoir ignoré jusqu’à ce jour), le Judéo espagnol est la langue parlée par diverses communautés des Balkans, de l’empire Ottoman et d’Afrique du Nord, proche du castillan de Cervantès avec des ajouts d’hébreu, et dont la prononciation de certains sons diffère de l’espagnol contemporain. Il faut noter cependant que le Judéo espagnol n’est pas le « ladino » car celui-ci n’est pas une langue parlée, (du moins c’est le consensus qui se dégage quand on se renseigne un tant soit peu) mais uniquement une langue écrite. A l’origine, le ladino était la traduction rigoureuse, mot à mot, des textes hébreux en espagnol et ceux-ci étaient à leur tour retranscrits en caractères hébraïques pour servir de texte à utiliser pendant les offices religieux des Juifs installés en Espagne. L’origine de cette pratique aurait été la conséquence, semble-t-il, des persécutions infligées au Juifs par les chrétiens en Espagne, qui soupçonnaient et accusaient les Juifs de proférer des blasphèmes à l’encontre de leur Dieu en faisant leurs prières. Pour faire taire ces accusations infondées, les rabbins d’Espagne entreprirent de traduire les prières en espagnol tout en conservant l’usage de l’alphabet hébraïque (car alphabet de la Torah) pour écrire leurs textes de prières.

Ce qui est étonnant, c’est qu’en dépit des persécutions, des conversions forcées, des massacres et autres exécutions, les Juifs qui survécurent à cette période sombre de l’histoire de l’Espagne et qui se réfugièrent dans l’Empire Ottoman après leur expulsion d’Espagne ou qui s’arrêtèrent en route en Afrique du Nord, conservèrent leurs coutumes et l’usage du Judéo espagnol pendant les cinq siècles qui suivirent et n’abandonnèrent jamais les traditions de leurs ancêtres. On aurait pu croire qu’ils auraient tenté d’oublier et d’effacer de leur mémoire cette terrible période. Il n’en fut rien et c’est ainsi que se perpétua au sein de cette communauté l’usage du Judéo espagnol que leurs ancêtres avaient parlé pendant des siècles en Espagne, ainsi que l’usage de leurs textes de prières en espagnol mais en caractères hébraïques.

A la fin du 19ème siècle, alors que l’Empire Ottoman tombait en déliquescence, de nombreux Juifs qui y résidèrent prirent à nouveau le chemin de l’exil et, grâce à l’éducation reçue au sein du formidable réseau d’écoles de l’Alliance Israélite Universelle, enseignement prodigué en français, ils prirent le chemin de la France. Ils partirent vers ce pays dont ils avaient tant entendu parler et dont la devise de Liberté, Egalité, Fraternité donnait tant d’espoir à cette communauté qui avait vécu, quoique l’on dise, en « dhimmie » au sein de l’Empire Ottoman.

Nombreux furent ceux d’entre eux qui s’installèrent dans le 11ème arrondissement. En fait, le cœur de cette communauté se trouvait rue Popincourt et rue Sedaine. Ces Juifs levantins s’installèrent et prospérèrent dans cet arrondissement, et l’histoire a montré qu’ils excellèrent dans le métier de grossistes en linge de maison et alimentèrent de leurs commandes des usines textiles du Nord de la France pendant des décennies. Survirent la 1ère et la 2ème guerre mondiale et cette communauté paya un lourd tribut, soit par suite de l’engagement volontaire de ses membres dans l’armée pendant la 1ère guerre mondiale, soit par suite des déportations organisées par Vichy et les nazis pendant la deuxième guerre mondiale.

Il n’est donc pas surprenant que depuis la fin de la guerre, cette communauté a décliné graduellement, malgré quelques arrivées de nouveaux immigrants qui sont venus renforcer ceux qui avaient survécu à la 2ème guerre mondiale.

Le Judéo espagnol est une langue dont l’usage et la diffusion ont périclité mais récemment, des efforts entrepris par diverses associations tentent de la faire revivre et d’en accroître la diffusion.

C’est la raison pour laquelle, le service célébré en Judéo espagnol en la synagogue Don Isaac Abravanel, était une source de joie et de fierté pour les membres de cette congrégation car la synagogue a retenti de chants dans cette langue qui ne demande qu’à revivre, et c’était magnifique et réconfortant de constater que toutes les générations étaient représentées à cet office et que la relève est ainsi assurée pour préserver ce pan si important de l’histoire des Juifs séfarades.

David HARARI
Secrétaire de l’AJOE