Albert Barbouth raconte ….

Aussi loin que je m’en souvienne, le quartier de la Place Voltaire reste pour moi le souvenir d’une période très heureuse car c’est la période de ma jeunesse pendant laquelle j’ai vécu les meilleurs moments de ma vie.

Je suis né le 5 juin 1933 au 15 rue Santerre chez madame Sussman (probablement une sage femme).

Mes parents n’avaient pas encore d’appartement et nous habitions à l’hôtel de l’Europe, 74 rue Sedaine. Ce n’est que quelques mois plus tard que Monsieur OJALVO qui fournissait mon père en marchandises lui a loué un appartement au 2 eme étage, 85 rue Sedaine. Au 1er étage demeurait un cousin éloigné de ma mère : Saul VEISSID avec son épouse et ses deux garçons Victor et Jacques. C’était chez eux que je me réfugiais quand mes parents me grondait pour les innombrables bêtises que je faisais avec mes deux frères : NISSO et JOJO plus jeunes que moi et c’est pour cette raison que c’était toujours moi le responsables. Sur le même palier au second il y avait la famille LEVY avec laquelle mes parents étaient très amis.

Cette heureuse période devait s’achever avec l’année 1940 et l’entrée en guerre de la France. Mon père s’ait engagé dans les brigades étrangères (Il était Apatride) puis démobilisé il devait décéder en 1941 d’une mauvaise maladie contractée je ne sais ou. Monsieur et Madame Veissid ainsi que Monsieur et Madame LEVY ont été raflés et déportés. Ils ne sont pas revenus.

Pour en revenir au 7 de la rue Popincourt, mon souvenir le plus ancien remonte à l’année 1937 (j’avais 4 ans). Mon frère Jojo venait de naitre et à 3 mois ma mère avait voulu soigner un petit bouton qu’il avait à la lèvre supérieur avec de la teinture d’iode. Le lendemain il avait la lèvre toute noire et énorme et le médecin consulté lui a fait des pointes de feu qui n’ont fait qu’empirer l’état du bébé. Après consulte de plusieurs professeurs on est arrivé à le sauver, mais je me revois aller ALSYETE allumer une lampe avec la bouteille d’huile que mon père avait apportée. J’ai aussi le souvenir de jours de fête et j’entends encore la voix merveilleuse de PEPO ( veux tu parler de José PAPO qui était le hazan du Syete ?) ces jours là.

La rue de la Roquette reste pour moi aussi un lieu de mémoire avec le BAKAL ( épicier) ABRAMOV ou l’on trouvait de si bonnes choses et en particulier la PITAGRA que j’adorais et le cinéma ou j’allais avec mes cousins. Par contre le jeudi nous passions l’après midi au cinéma de la Place Voltaire ou avec le gouter que ma mère nous avis préparé nous assistions à 3 séances consécutives. La bas se trouvait le square ou lorsqu’il faisait beau nous passions notre temps à nous bagarrer avec les autres garnements du quartier.

J’ai aussi ce souvenir ou, depuis le balcon de notre appartement, j’ai vu la queue sur le boulevard VOLTAIRE des gens du quartier et ma mère pour aller chercher les étoiles jaunes marquées JUIF et qu’elle a ensuite cousues sur nos vêtements. C’est aussi à cette époque qu’elle a décidé de nous cacher en nous déposant à l’assistance publique et nous nous sommes retrouvés dans la Nièvre avec mes deux frères jusqu’en 1944.

Mais ceci est une autre Histoire…….